vendredi 20 mars 2020



LE BLUES DES CHIENS CONFINÉS 


Les terrains vagues abandonnés
Les champs d’orge et de blé
Les promesses de chemins de fer
Les ruisseaux d’eau vive claire

J’ai la nostalgie de choses
Que je n’ai jamais connues
J’ai la nostalgie de roses
Qui écorchent les mains nues

 Au rayon d’la vie en cage
Je vous en passe un papier
C’est le souffle de la rage
Qui nous serre le collier  

Je dois me faire à l’idée
Ce n’est pas demain la veille
Que mon horizon bouché
Ouvrira sur ces merveilles

C’est le lot des canidés
De ne pas avoir de marge
Mon museau bien enchaîné
Ne peut pas prendre le large

Au rayon d’la vie en cage
Je vous en passe un papier
C’est le souffle de la rage
Qui nous serre le collier  

Sérieux le linoléum
N’est pas vraiment l’paradis
Si c’est c’que tu crois bonhomme
T’es vraiment un abruti

Le blues des chiens confinés
Durent depuis les temps anciens
Je n’veux pas faire pitié
Mon monde est un peu le tien  

Au rayon d’la vie en cage
Je vous en passe un papier
C’est le souffle de la rage
Qui nous serre le collier  


Jean-Luc Jolivet

dimanche 15 mars 2020



LES PROMESSES DU GMC SIERRA GRANDE BLEU ET BLANC 1971

Que je l'ai aimé ce camion ! Tout comme celle qui avait la gentillesse de nous le passer d’ailleurs. Notre voisine et gardienne. Je devrais dire, ange-gardienne. Ma chère madame Bernard. Ça prendrait un texte juste pour elle, mais je ne me sens pas à la hauteur pour l’instant. Elle est trop importante pour moi et me risquer à pondre un texte médiocre, c’est tout simplement impensable.   

Je disais donc, que j’aimais ce camion. Et comme je l’écrivais plus haut, ce dernier ne nous appartenait même pas. Vous imaginez s’il avait été à nous, je crois bien que j’aurais passé mes journées entières à l’intérieur, à m’inventer toutes sortes d’aventures, à m’imaginer sillonner les routes nord-américaines où je suis né. J’ai l’impression qu’il aurait fallu m’en sortir de force.

Ce n’est pas le seul qui m’ait fait rêver. Il y avait bien les camions Mack de Vennes sur le coin de la 7e avenue et de la 15e rue, les flat nose International du garage Robert sur la 6e avenue, les Freightliner de Transport Chaîné proche de l’école Laflèche et les camions de Gratien Paquin Meubles sur la 6e avenue, mais, le GMC Sierra grande bleu et blanc 1971, est définitivement celui qui m’est resté tatoué sur le cœur et dans l’esprit. Mon p’tit doigt me suggère que ce lien est peut-être dû à la bienveillance des propriétaires. Allez savoir.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fasciné et attiré par les véhicules motorisés. J’imagine que d’instinct, je savais ce qu’ils représentaient. La découverte des grands espaces, les voyages, le mouvement, en somme, la liberté.

Une chose est certaine, lorsque mon père faisait de grands travaux sur et autour de la maison et qu’il avait besoin des services du GMC, tout ce qui m’importait à ce moment-là, c’était d’y embarquer au plus vite. Pour moi, c’était jour de fête. Il allait chercher le camion des Bernard sur la 13e avenue et je l’attendais impatiemment tout en guettant  le moindre véhicule tourner le coin. Une fois arrivé, je l’observais attentivement faire ses manœuvres de reculons dans le stationnement pour ensuite y installer les planches qui servaient de pont entre le terrain et la boîte du camion.

Et le travail commençait. J’avais beau m’imaginer bien utile, je suppose qu’à 7 ou 8 ans - me souviens plus trop mon âge à cette époque -, je devais plutôt être un peu dans les jambes. Toujours est-il que je faisais partie de l’équipage et on me faisait sentir que j’avais pleinement ma place.  

S’ensuivaient d’incessants allers-retours de la maison au dépotoir sur le chemin de Saint-Jean-des-Piles. C’était pour moi le clou de la fête. Dès que mon père disait on part et qu’il mettait le contact, l’excitation était à son comble. L’aller et le retour se faisaient parfois dans la boîte - les règles n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui 😉 - et parfois dans la cabine.     

Peu importe mon choix, je savais tirer profit de ces deux possibilités.

Le vent dans les cheveux, le soleil dans la face, les lignes blanches qui défilent, le son du métal, que de sensations formidables que la boîte pouvait me procurer et que j’ai cherché à revivre toute ma vie. Probablement pour ça que j’aime tant le vélo.

Et que dire de la cabine. Impression d’être en sécurité et en parfait contrôle de la machine. Je m’imprégnais de tout ce que je voyais. Tableau de bord, volant, bras de vitesse, les pédales d'embrayage et de frein etc. Il me tardait de me trouver un jour aux commandes d’un pareil véhicule. Il m’a fallu patienter encore plusieurs années, mais l’attente en a valu la peine.

En écrivant la conclusion de ce texte, une évidence me saute aux yeux. Ce camion ne m’a pas juste fait vivre des moments inoubliables, il n’a pas juste servi à transporter de la terre, des roches, du bois ou des ti-culs. Sa boîte contenait aussi les germes d’un avenir plein de promesses.

Jean-Luc Jolivet    

vendredi 3 janvier 2020


J’AIME LE JAZZ

J’aime le jazz. Il me rend heureux.

Il me suffit d’entendre le son rond et chaud d’une belle contrebasse pour m’apaiser et m’aider à m’approcher de la félicité.

Il me suffit d’entendre les ballets qui dansent sur le snare, le hit-hat qui trépigne et la ride qui se balance pour redonner du rythme à mes pieds las et fatigués.

J’aime le jazz. Il m’émeut.

Il m’est impossible de rester insensible lorsque Ella et Louis chantent Summertime, que Billie interprète la déchirante Body and soul et la poignante Strange fruit ou que Lester fait un solo bouleversant devant cette même Billie qui ravale ses larmes. Lien ici :   https://www.youtube.com/watch?v=TaPIyo51cr4

J’aime le jazz. Il m’est source de lumière.

Et simplement à penser que ces œuvres flamboyantes sont bien souvent le legs d’écorchés vifs qui ont eu des existences misérables et qui se sont battus toute leur vie durant avec leurs démons, mérite le plus grand des respects et une écoute attentive.

J’aime le jazz. Il me fait me sentir bien vivant.

Lorsque je passe trop de temps sans en écouter, la belle couleur qu’il distille dans ma vie fini par s’évaporer, ou pire, virer au gris. C’est signe que je dois remédier à la situation.
Le jazz est vaste. Sans être un expert, je me démêle dans ces périodes, mais rien de mieux qu’un guide pour y voir clair et y faire de belles découvertes !


Jean-Luc Jolivet

samedi 30 novembre 2019


LIBERTÉ D’ACTION


De toute ma vie, jamais n’ai-je été inquiété par des menaces sérieuses envers mon intégrité physique. Pas plus n’ai-je eu à entendre des propos dégradants et orduriers envers mon apparence, mes opinions ou ma façon de m’habiller.

J’ai toujours joui d’une très grande liberté d’action. Aussi bien dans mes paroles, mes choix de vie que dans mes mouvements.

Les seules vraies craintes que j’ai eues sont celles qui m’ont été imposées par mon imagination débridée et débordante. Par exemple, le jour où j’ai cru qu’un fou furieux était sur le point de m’attaquer lors de mon retour à pied à la maison après un programme double d’horreur présenté au cinéma le Charlot de ma ville natale. Pas mêlant, j’avais peur de mon ombre et du moindre coup de vent. J’étais certain qu’un maniaque était caché dans un des garages, entourés d’arbres sinistres, sur le coin de la 9e avenue et 8e rue. Prêt à me sauter dessus et à me tailler en pièces.

Faut dire que j’étais un ado récent et que j’étais certain qu’une bête hybride composée de Freddy, de Jason et du Loup-garou de Londres était soudainement attirée par la jeunesse Mauricienne afin de l’éradiquer de la surface de la terre.

Tout ça pour dire que je suis toujours en un seul morceau et que ces peurs que j’ai pu ressentir dans ma jeunesse ne m’ont jamais traumatisé au point de demeurer sur mes gardes pour le reste de me jours et de limiter mes déplacements.

Bien au contraire, je ne me suis jamais posé de question à savoir si je pouvais aller seul à tel ou tel endroit.

J’ai arpenté les rues de mon enfance ou celle de ma ville d’adoption à toutes les heures du jour ou de la nuit. Avec toutes mes facultés ou totalement aviné sans avoir la moindre appréhension.

Je n’ai jamais reçu de messages inquiétants pour mes prises de positions politiques ou pour mes lettres d’opinion publiées dans les médias écrits. Lorsque j’exprime ma colère, je ne passe pas pour un hystérique, mais bien pour quelqu’un ayant un sacré caractère. 

Me suis-je un jour demandé si mon habillement pouvait déclencher des remarques déplacées ou des regards lubriques ? Jamais.

Me suis-je déjà soucié de mon verre sans surveillance dans un bar ? M’est-il déjà venu à l’esprit que quelqu’un puisse ajouter du GHB dans celui-ci ? Pas une maudite seconde.

M’a-t-on, à un certain moment, signifié que je ne pouvais pas faire tel métier ? Niet.

M’a-t-on recommandé un jour de ne jamais voyager seul ? Pas du tout.

M’a-t-on dit que je ne pouvais pas faire tel sport, car ce n’était pas pour mon genre (la boxe ce n’est pas un sport pour les femmes dixit Michel Villeneuve) ? Non.

Lorsque j’ai commencé à fréquenter les filles, était-on inquiet pour ma sécurité et m’a-t-on subtilement dit de faire attention ? Négatif.

Voyez, je n’ai pas à me plaindre. Malgré toutes les responsabilités qui échoient à toutes et à tous et qui sont aussi mon lot, j’ai tout de même une grande liberté d’action.

Peut-on en dire autant pour tout le monde ? Assurément pas.

Cette semaine, en écoutant les témoignages des députées Christine Labrie, Méganne Perry-Mélançon, Paule Robitaille et Chantal Soucy lors du débat d’une motion sur la cyberintimidation faites aux femmes - elles ont également souligné que beaucoup d'hommes en sont aussi victimes - nous sommes en droit de nous demander si nous avons beaucoup progressé.

Lorsque les Journées d’action contre la violence faite aux femmes seront choses du passé, nous pourrons alors affirmer que c’est un pas dans la bonne direction.

Mais, d’ici-là, de toute évidence, il reste du travail à faire et du chemin à parcourir.

Jean-Luc Jolivet   

samedi 2 novembre 2019


SORTIR DE LA BULLE EST VITAL



Je gagne ma vie et j’évolue dans un univers fascinant où la victoire éphémère et l'amère défaite sont les 2 faces d’une même médaille.

Ce milieu qui apporte son lot de satisfaction, de désillusion, de rencontres enrichissantes (dans le noble sens du terme) et d’amitiés fracassées par la réalité du pouvoir est tout ce qu’il y a de plus foncièrement humain. C’est-à-dire parfaitement imparfait.

Je me soupçonne de l’avoir inconsciemment choisi pour qu’il puisse faire contrepoids à ma nature rêveuse, nonchalante et désorganisée.

À chaque jour, on en apprend et en découvre un peu plus sur nous-mêmes, sur l’équilibre des pouvoirs, sur les alliances temporaires et sur l’amour profond et sincère que nous portons toutes et tous, à notre façon, pour notre Nation.

C’est un métier (j’ose utiliser ce terme) qui demande une vigilance de tous les instants, une capacité à se retourner sur un dix cents et où l’on doit à chaque jour remettre cent fois sur le métier, justement.

Un jour, un directeur de cabinet que j'estimais et que j'estime d’ailleurs toujours (il évolue maintenant dans une autre bulle) est passé à mon bureau pour me faire part de sa satisfaction. Et aussi pour me rappeler cette vérité - qui aide à garder les deux pieds bien ancrés dans la réalité - que nous étions toujours moins bons que demain, mais bien meilleurs qu’hier. Ce n’est probablement pas en ces mots qu’il m’a dit ça, mais c’est ainsi que mon souvenir me le rappelle.

En gros, rien n’est jamais acquis. Nous devons constamment donner le meilleur de nous. Nous ne pouvons être à moitié présents. Le respect et la reconnaissance de nos compétences est chèrement obtenus, mais si facilement perdus.

Et, contrairement à la pensée populaire, la parole donnée est sacrée. Si nous dérogeons à cette règle non écrite, c’est notre crédibilité qui en prend un méchant coup.

En somme, je pourrais dire sans me tromper que toutes les bulles se ressemblent et ont leurs propres codes et particularités. Si nous aimons ce que nous faisons, nous nous donnons à fond.

Et c’est là que réside le danger. Bien d’autres sphères de nos vies peuvent en souffrir. À commencer par la famille, les amis.es, notre passion pour le sport, la musique, la lecture, l’écriture, la marche en nature, le bénévolat et que sais-je encore ?

Le danger est de considérer la bulle comme la seule et unique réalité. Comme si rien d’autres autour de nous existaient.

C’est pourquoi, il est plus que vital et impératif de sortir de la bulle, de préserver et chérir ces instants de liberté qui nous aident à remettre les choses en perspectives, qui nous permettent de recoller les morceaux éparpillés du casse-tête.

Je n’apprends rien à personne si je dis que ces moments sont de plus en plus difficiles à protéger.

Joignables que nous sommes à tous moments du jour ou de la nuit. Bombardés que nous sommes par toutes ces images qui encombrent jusqu’à plus soif nos cerveaux fatigués.

Je ne sais pas pour vous, mais je sens que je dois combattre constamment pour garder fertile mon imagination et prendre soin de mon monde intérieur. Sinon, je risque la sécheresse et une mort lente.

Si je ne parviens pas à défendre cet espace essentiel à mon équilibre, c’est la servilité qui sera heureuse de prendre la place laissée vacante. Elle jubilera à l’idée d’avoir réussi, là où certains auront échoué, à mater une fois pour toute l’être autrefois épris de liberté que j’étais.  

Mais que la soumission ne se réjouisse pas trop vite, j’ai encore du ressort.

D’ailleurs, l’amorce de ce texte s’est pointée le nez au moment où j’en avais assez et que je décidai par un beau vendredi après-midi automnal de quitter précipitamment et sans avertissement la bulle.

L’idée initiale était de retranscrire les émotions que la liberté m’apportait, d’en faire un texte où le vent tiède et doux aurait le haut du pavé où le bitume serait mis à l’honneur où je nommerais toutes les odeurs qu’une ville peut émettre, mais, surtout, un texte qui nous rappellerait que toutes ces sensations qui traversent nos corps nous prouvent que nous sommes bel et bien vivants. Et que nous devons savourer à fond cet état de fait, cette vérité qu’aucune bulle ne peut nous dérober.

Mais, mon talent limité n’a que ce simple écrit à vous offrir.

Je souhaite de tout cœur, si vous avez persistez jusqu’ici, que ce dernier ait pu vous sortir pour un moment de votre bulle.

Que la vie vous soit bonne.

Affectueusement,

Jean-Luc J.      

lundi 24 juin 2019



DISCOURS DE LA FÊTE NATIONALE DU QUÉBEC 24 JUIN 2019

Chers amis, Québécoises, Québécois de toutes origines et de tous âges, sœurs et frères des premières nations, bonsoir, kwei !!

Non mais quelle belle soirée on a là !! Et quel thème judicieux encore une fois cette année ! «Un monde de tradition » Oui, parce que je me dis, pour qu'il y ait des traditions, ben, ça prend des femmes et des hommes qui les incarnent, les portent et les transmettent, ces traditions. Il ne faut jamais oublier ça. Tout comme il ne faut jamais oublier les gens qui nous ont précédés. Comme un de nos grands patriotes qui nous a malheureusement quittés le 8 janvier dernier, Pierre Marcouiller.

Avec sa merveilleuse femme Marielle, c’est plus de 50 ans consacrés à l’animation culturelle et sociale, en autres, pour le scoutisme, le chant et bien entendu pour la Fête nationale.

Marielle me racontait, récemment, que Pierre avec d’autres valeureux bénévoles, passait par les maisons pour ramasser le bois nécessaire au feu de joie. Elle me disait aussi comment il n’hésitait pas à monter lui-même, une à une, les branches de sapins jusqu’au sommet de la pyramide. Et, finalement, comment il avait travaillé si fort tout au long de ces années afin de mettre ses talents au service des autres. Je reconnais bien là mon chef scout Akela !

En roulant hier sur le Chemin du Roy, entre Québec et Trois-Rivières, j'y ai vu tous ces fanions, ces drapeaux, ces maisons fleuries, ces ventes de garages, ces jardins et marchés au puce communautaire, ces préparatifs de fête nationale, ces casse-croûtes avec ses bonnes odeurs de cheeseburger relish, ketchup, moutarde et j'ai eu une pensée pour tous ces gens qui gardent les traditions vivantes.   

J'ai eu une pensée pour celles et ceux qui cette année se sont tenus debout pour éviter la démolition de maisons patrimoniales un peu partout sur le territoire.

J'ai eu une pensée pour celles et ceux qui sont demeurés vigilants afin de faire reculer des organisateurs qui souhaitaient englober notre fête nationale dans un festival du solstice d’été.

J'ai eu une pensée pour nos conteurs, chanteuses, dramaturges, scientifiques, gens d'affaires, cinéastes, agricultrices, sportives qui nous font rayonner, ici comme à l’international et qui d’une manière ou d’une autre sont des gardiens de notre savoir-faire, de nos traditions.

Et je me suis dit que si ce soir, en ce 24 juin 2019, nous avions la chance d’avoir encore un feu de joie et que nous pouvions souligner la 185eédition de notre Fête nationale dans ce superbe Parc de la rivière Grand-Mère, ben c’est grâce à des gens qui, comme Pierre Marcouiller, rendent les choses possibles et gardent la flamme de nos traditions si vive.

Ce soir, il est temps de nous regarder dans les yeux, de nous trouver beaux, belles et bons. L’heure est à la fête et à se dire je t’aime ! Soyons fiers de ce que nous sommes, soyons fiers de nos traditions et exprimons-le sans gêne !

Bonne Fête nationale à toutes et à tous !!

Jean-Luc Jolivet

dimanche 23 décembre 2018


ESPOIR



Me voici à taper ce petit texte et à me demander s’il y en aura d’autres qui suivront en 2019? J’imagine que oui. Toujours les mêmes questions. La source se tarira-t-elle ? Le plaisir sera-t-il toujours présent ? Les lecteurs de mon blogue seront-ils encore intéressés et au rendez-vous ? En effet, à quoi bon écrire si ce n’est que pour soi-même ? 

Quelle est la mécanique de tout ce processus ? Un mystère. Parfois, je note un mot ou une phrase sur un bout de papier que je perds aussitôt et que je retrouve par hasard des mois plus tard. À d’autres occasions, j’ai des flashs que je garde en mémoire et qui ressortent à n’importe quel moment. Souvent, c’est un événement qui fait bouger les choses. De temps à autre, je crois tenir une idée en béton et jamais exploitée, que je flush sans hésiter dès la première ébauche.

Dans le cas présent, le sujet s’est subtilement imposé par lui-même. L’Espoir avec un E majuscule. Un mot galvaudé, utilisé à toutes les sauces, un peu cul-cul ? Peut-être, mais dont on ne pourrait pas se passer sous peine de périr sous le poids écrasant de l’inquiétude et du doute.

Il m’apparait que le temps d’arrêt salutaire qu’est le congé des Fêtes a une double utilité. En plus d’être propice à la réflexion sur l’année qui se termine, il porte en lui l’espérance dont nous avons tant besoin pour la suite des choses et pour la nouvelle année qui vient.

Profitons de cette pause afin de remettre à l’ordre du jour nos espoirs trop souvent étouffés par le quotidien effréné et par la nécessité oppressante.    
Espoir de rencontrer un amour authentique, durable et équilibré. Espoir de dénicher un emploi ou de le conserver. Espoir de réussir son année scolaire. Espoir de guérir. Espoir de voir ses parents vivre encore longtemps et en santé. Espoir de trouver la paix et la sérénité. Espoir de se réconcilier avec sa mère, son père, sa sœur, son frère ou son ami. Espoir de voir ses enfants prendre de l’assurance afin qu’ils soient en mesure de faire leur propre chemin sans trop de heurts. Espoir d’avoir la force de tendre vers une vie plus saine et de se débarrasser de ses dépendances. Espoir de garder intacte sa capacité à se projeter dans l’avenir. Espoir de vivre dans un monde où la qualité de l’environnement est un enjeu prioritaire et non pas un dossier parmi tant d’autres. Espoir de voir les tensions mondiales s’apaiser. Espoir de voir naître un pays. 

La liste des Espoirs est infinie. Il vous vient sûrement en tête votre propre définition, votre énumération personnelle. Laissez-vous aller au jeu ! 

Et que cette année 2019 vous soit favorable et à la hauteur de vos Espérances.

Jean-Luc Jolivet 

https://www.lenouvelliste.ca/opinions/carrefour-des-lecteurs/si-on-se-parlait-un-peu-despoir-ac79cebf86eb51adff8f69b6192fe8a1