mardi 7 avril 2020


SALUTAIRES MARCHES



Vrai que je t’ai négligée
Impossible de le nier
Faisant mon beau smatt
En préférant avant tout rouler
Que de me tenir sur mes pattes

Vrai que je t’ai boudée
Impossible de m’en cacher
M’affichant comme un paon
Sur la selle de sa bien aimée
Et choisissant de te laisser en plan

Vrai que je t’ai méprisée
Impossible de me dérober
Je te comprends de m’en vouloir  
J’ai agi comme le dernier des crottés
En évitant tous les trottoirs  

Mea culpa, mea maxima culpa
Avec ce grand confinement
Me suis souvenu qu’en marchand  
Ma tête s’accordait bien à mes pas
On sort ? Allez, sois sympa !


Jean-Luc Jolivet

mardi 31 mars 2020

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis curieux des statistiques plus bas. Gens d'Italie (on est avec vous) des États-Unis, d'Allemagne et du Portugal, vous comprenez le français ? Vous aimez mes textes ? J'aimerais bien en savoir plus.

Vous pouvez me laisser un message ?

Portez vous bien.

Amicalement,

Jean-Luc


dimanche 29 mars 2020




En soutien à celles et à ceux qui, bien avant l’état d’urgence sanitaire, avaient perdu l’appétit. Souhaitons que cette crise n’exacerbe pas leur état, mais qu’elle puisse, qui sait, leur redonner le goût, une bouchée à la fois, de mordre à nouveau dans la vie.


RETIRER CETTE LONGUE ÉPÉE DE SILENCE QUI ME BROIE LE CŒUR*


Il y a longtemps que les aliments n’ont plus de goût. Ils sont fades. Insignifiants. Tout comme mon existence. Je n’en retire plus aucun plaisir. Et pourtant.

Et pourtant, à tous les jours que la nuit amène, je m’efforce, par instinct de survie j’imagine, à faire ce que doit. Je réussis tant bien que à mal à me nourrir.

Et malgré les larmes qui viennent ajouter un peu de mauvais sel à mes repas, j’arrive, une bouchée à la fois, à faire entrer assez de carburant pour passer à travers ma journée.

Et malgré mes poings fermés, mes bras crispés, je parviens à faire les gestes nécessaires pour bien couper ma nourriture et la porter à ma bouche. C’est sans conviction que je la mastique. Il me semble que ça dure une éternité. Je pense parfois, dans les mauvais jours, que cette comédie a assez durée.

Pourquoi ne pas porter le coup fatal dans ce cas, me dis-je à l’occasion ? C’est un mystère. Malgré tout, j’ai le sentiment que mes efforts quotidiens pourraient m’extirper de ce marasme. J’ai comme une sourde conviction qu’il y a une faille en toute chose et que c’est par là qu’entre la lumière**.

Et justement, en parlant d’elle, la lumière. Elle ne me lâche pas d’une semelle. Au moment où je m’y attends le moins, où la grisaille me paraît installée à demeure, paf ! Elle m’éclabousse sans crier gare. Elle me tend la main. Me caresse le visage. Me relève. Me chuchote à l’oreille : « Tiens bon, les jours meilleurs sont devant toi » ou « Tu n’es pas seul ».

Elle prend le visage du rire franc et serein d’un enfant heureux. Elle se faufile dans l’appel d’un ami dont je n’avais plus de nouvelles. Elle se cache dans les belles paroles que cette dame m’adresse après lui avoir ouvert la porte. Elle vit dans l’oreille attentive et sans préjugée que me tend une ou un collègue. Elle est cette musique qui me frappe direct dans le plexus et qui me redonne l’élan et le rythme pour mettre un pied devant l’autre afin de continuer à avancer. Elle est tout ça et plus encore.

Je table donc sur ces poussés lumineuses pour contrer les forces qui veulent me tirer vers le bas. Ce n’est pas tous les jours faciles, mais je crois qu’en m’accrochant de toutes mes forces, je parviendrai à retirer cette longue épée de silence qui me broie le cœur.


Jean-Luc Jolivet    

*Titre inspiré d’un écrit de Christian Bobin publié dans le texte L’éloignement du monde  
** Traduction de There is a crack in everything, that’s how the light gets in paroles dans la chanson Anthem du grand Leonard Cohen paru sur le disque The Future  

lundi 23 mars 2020


METTRE DE LA VIE DANS NOS VIES


Les gens souvent disent :
« C’est en temps de crise
Que l’humain se révèle »

Mettons que cette assertion
En la présente situation
Semble, on ne peut plus vraie !

On prend la mesure
De tous les cas de figure
Chaque jour aux nouvelles

L’idée, ici, croyez moi
N’est pas de pointer du doigt
Ni de séparer le bon grain de l’ivraie

Mais d’avouer candidement
Mon réel penchant
Pour les vecteurs de lumière

Gratitude envers celles et ceux
Qui ont le don de rendre heureux
Et qui savent abattre les barrières  

Enfin, reconnaissons chers amis.es
La richesse des gens qui ont le génie
De mettre de la vie dans nos vies


Jean-Luc Jolivet

dimanche 22 mars 2020


RÉFLEXION SUR LA COVID-19


Nous sommes habituellement interpellés par des crises ou des catastrophes qui se produisent dans des contrés lointaines. Nous y portons bien souvent une attention, disons, distraite.

Bien sûr que nous en sommes touchés et que nous en sommes chamboulés, mais, soyons honnêtes, nous retombons vite dans nos occupations et nous chassons rapidement ces images en nous trouvant chanceux d’habiter ici.

La crise actuelle dans l’histoire humaine n’est pas inédite, mais elle l’est fort certainement pour la majorité d’entre nous. Des milliards de personnes qui vivent la même chose et qui ont un ennemi commun, ce n’est pas rien.

Nous sommes bousculés dans nos habitudes, dans notre mode de vie. L’économie est touchée, notre liberté de mouvement est limitée. L’heure est aux décisions rapides, à l’action et à la réflexion. En effet, quand notre corps nous envoie des signaux qui nous disent de ralentir et que la maladie nous force au repos, nous tombons dans une période d’introspection.

Souvent, par la suite, lorsque la guérison se produit, nous envisageons notre existence autrement. Nous changeons des choses, nous élaguons, nous faisons le ménage, nous tentons de l’alléger un peu afin de profiter du souffle de la vie le plus longtemps possible. Nous souhaitons qu’elle soit plus saine pour le reste du chemin.

Je ne sais pas, lorsque le corps social sera remis de ce virus, si nous allons retourner frénétiquement et avidement dans nos ornières ou si nous aurons appris quelque chose?

À suivre…


Jean-Luc Jolivet



LE SOLEIL LUI, LUIT !


Les étoiles
Embellissent la toile
Les rivières
Moussent comme bière
Et le soleil, lui, luit !

Le vent
Ralentit notre élan
La pluie
Attise notre ennui
Et le soleil, lui, luit !

Les nuages
Passent à travers les âges
Les saisons
Suivent leur cycle comme de raison
Et le soleil, lui, luit !

Les humains
Confinent du soir au matin
L’économie
Souffre d’anémie
Et le soleil, lui, luit !

Peu importe ce qui se produit, le soleil, lui, luit et la vie, la précieuse vie, elle, n’a pas de prix !

Jean-Luc Jolivet

samedi 21 mars 2020




POUR VOUS, INFIRMIÈRES, INFIRMIERS ET PERSONNEL DE LA SANTÉ (Ce petit texte hommage)

Vous aimez votre métier. Vous l’avez choisi il y a 10 ans, 20 ans, 30 ans et vous l’exercez toujours consciencieusement. Faisant fi des conditions difficiles et des plaintes. Riant affectueusement des gens qui vous appellent les saints, les saintes.

Vous pratiquez votre métier de jour, de nuit, les jours fériés et durant les fêtes des enfants. Ainsi que les fins de semaine d’été de soleil flamboyant alors que la vie grouille au dehors et que vos amours partent pour la plage. Rien que d’y penser, vous méritez amplement ce petit hommage.

Vous aimez votre métier que vous avez choisi en toute connaissance de cause. Si vous aviez à trancher de nouveau, vous referiez la même chose. Par miracle ou on ne sait quoi, la flamme et la passion vous habitent toujours. Vous avez ce souci du bien commun et pour votre prochain un grand respect teinté d’amour.

Vous aimez votre métier et en ce temps de crise, de pandémie et de confinement, ce n’est pas le temps de vous décourager, de jeter les gants. Merci de continuer à nous donner les soins appropriés, à nous apaiser. C’est le métier que vous avez choisi il y a maintenant 10 ans, 20 ans ou 30 ans.  

Vous aimez votre métier, vous aimez les gens. Et même si parfois vous y laissez de côté votre propre santé. Et même si vous n’avez pas toujours ressenti l’appui dont vous auriez eu cruellement besoin à certaine occasion. Nous sentons que vous ne nous laisserez jamais tomber.

Merci est un bien faible mot pour tout ce que vous faites. Mais il est sincère et vrai.


Respectueusement,


Jean-Luc Jolivet